L’inFormateur Vol. 4 no. 2 septembre1999

 

  

 
 
 

Gérer la diversité :Une réalité incontournable 
 
par
 Sandra Turgeon
 et
Vital Gaudreault

  La mondialisation des marchés est une réalité contemporaine qui pousse le Québec à s’ouvrir davantage au monde extérieur et à développer des alliances stratégiques avec les entreprises de pays étrangers. Des délégations telles que «Team Québec» font preuve d’intérêt pour développer des contacts internationaux. De plus, chaque année le Québec accueille une grande quantité d’immigrants provenant de nouvelles contrées. La combinaison de ces impacts de la mondialisation des marchés entraîne des conséquences pour les organisations québécoises. Devant cette nouvelle réalité du monde du travail, on peut se demander quelles sont les habiletés à développer de la part des dirigeants d’entreprise pour permettre à leur organisation de conserver une bonne compétitivité nationale et internationale.

De plus en plus, on parle d’un nouveau concept dans les organisations : la gestion de la diversité. Gérer la diversité demande de se préoccuper de manière globale des différences entre les individus relatifs à l’organisation. On réfère ici aux ressources humaines, aux clients potentiels et bien sûr aux partenaires. Les penseurs progressistes reconnaissent l’urgence d’inscrire la différence à l’agenda des organisations des sociétés pluralistes comme le Canada et le
 Québec. Une fois cette étape franchie, il devient souhaitable et bénéfique d’harmoniser ces différences, de les intégrer et même, si c’est possible, d’en faire une richesse.

Les diversités de langues, de coutumes, de couleurs de peau, de conceptions du travail ou même de croyances deviennent des éléments sur lesquels nous pouvons agir lorsque nous savons comment diminuer leurs impacts négatifs. D’ailleurs, jouer à l’autruche avec la diversité entraîne trop souvent des répercussions néfastes, érige des frontières culturelles non souhaitables et empêche l’organisation de se développer à la hauteur de ses aspirations. En, 1992, lors d’une conférence dans le cadre du colloque intitulé Le pluralisme : défi d’aujourd’hui, M. Gilles Bibeau a souligné que l’ouverture culturelle désigne la possibilité d’afficher sa spécificité sans pour autant l’imposer. Dans les organisations, l’ouverture culturelle amène les gestionnaires à gérer la diversité. Cette gestion doit avant tout être planifiée comme tous développements organisationnels. Les choix et les actions sont influencés par une planification ponctuelle à moyen terme ou encore de longue haleine. De nombreux spécialistes proposent des outils qui peuvent aider à gérer la diversité. L’un des plus utiles est sans contredit la formation (nous privilégions la formation sur mesure). Les travailleurs québécois ont besoin d’être éduqués; sur la façon de s’adapter au contexte multiculturel. L’éducation à travers l’apprentissage et dans l’action, selon des objectifs spécifiques reliés aux besoins des participants et de l’organisation, n’a pas pour effet de niveler ou encore moins de cliver les différences, elle débute plutôt par une conscientisation interculturelle. Il y a donc des étapes à suivre pour s’assurer de donner une formation efficace aux individus de l’organisation. L’enseignement commence par l’acquisition d’une conscientisation de la diversité entre les collègues. Cette conscientisation peut déboucher sur une sensibilité envers les gens d’autres cultures pour éventuellement permettre de développer une efficacité interrelationnelle.

La formation devra être dispensée auprès des gestionnaires pour leur apprendre à mieux connaître les caractéristiques de leurs employés et pour leur donner les moyens d’entrer en relation avec eux. L’apprentissage des méthodes de communication devrait être donné à tous les niveaux de l’organisation. Plusieurs autres stratégies peuvent être développées pour améliorer la gestion de la diversité mais tout processus de gestion de la diversité doit être planifié, qu’il ait  beaucoup ou peu d’envergure. Les modes de gestion présentement en vigueur doivent être évalués et redéfinis afin de respecter un virage «diversité». La formation et les autres méthodes qui sous-tendent le développement organisationnel ne règlent pas tout, il faut aussi questionner nos modèles de gestion. Ceci commence par une prise de conscience et une acceptation de la diversité culturelle de la part des responsables et des gestionnaires. Chaque organisation devrait agir avec les membres de leur personnel de façon équitable qu’ils soient de couleur jaune, végétariens, homosexuels ou encore paraplégiques. Il importe de répondre aux besoins des personnes selon une philosophie d’équité, en tenant compte qu’ils sont tous des êtres humains.

Si vous avez des interrogations, des commentaires ou tout simplement le goût d’approfondir au sujet de la gestion de la diversité, n’hésitez pas à correspondre avec nous.